Et oui, c’est l’équivalent de 46 éoliennes de la taille de la Tour Eiffel qui sont susceptibles d’être installées face à la plage de Malo-les-bains, Leffrinckoucke, Zuydcoote et Bray-Dunes ! Quelle ne fut pas ma surprise en apprenant la hauteur des éoliennes qui seront installées à, à peine plus de 10 kms de la côte. Je m’empressais donc d’aller assister à une des nombreuses réunions publiques organisées par le CNDP (Commission Nationale du Débat Public). Ceci afin d’obtenir de plus amples informations.

L’expérience de Dunkerque LNG

Ayant été investi au sein du comité du club de Kite du DFC (Dunkerque Flysurfing Club) pendant quelques années, je fus rapidement concerné par la mise en place de réunions de débat public. A l’époque EDF souhaitait implanter un terminal méthanier via une filiaire, créée pour l’occasion Dunkerque LNG, sur le spot de kite (interdit) mais très fréquenté du Clipon, sur le Port de Dunkerque. A l’époque Dunkerque LNG s’était engagé à développer l’emploi local aussi bien sur le chantier, que sur le site pour les emplois de maintenance. Mais il s’engagea également à soutenir les communes et associations impactées par le projet. Bref ils étaient prêts à acheter la paix sociale. Voyant le peu de soutien des pratiquants de Kite lors de ces réunions, nous décidâmes de négocier avec le maître d’ouvrage, plutôt que de nous positionner contre le projet.

A notre grande surprise Dunkerque LNG accepta sans broncher une compensation matérielle d’un montant de 200 000 € sur 5 ans (le temps du chantier). Nous apprîmes par la suite que, parmi les bénéficiaires des indemnisations, nous eûmes la plus petite somme sur les 11,5 millions d’euros attribués … Un reportage d’Envoyé Spécial nous apprit que, sur le chantier, un nombre conséquent de travailleurs détachés furent utilisés, malgré les engagements d’emploi local. Aux dernières nouvelles, EDF a vendu ses parts à Fluxys qui est devenu actionnaire majoritaire. Et à l’heure de la réglementation européenne des emplois, que la France est tenue d’appliquer, qui sait si des employés belges (ou roumains, ou portugais) ne vont pas venir remplacer les emplois locaux en place.

Malgré tout, à l’époque, même si l’implantation d’un énième site SEVESO à Dunkerque me dérangeait quelque peu, l’argent perçu par le club me satisfaisait, avec des projets que nous pouvions enfin (pour une fois) mener au sein du club. Et le terminal se trouvait sur le port, loin des habitations.

Les informations du débat public « Éolien en Mer Dunkerque »

J’ai commencé à entendre parler de ce projet éolien en mer à Dunkerque dès 2017. A l’époque ou j’étais encore investi au sein du club. En 2018, le club a même touché la somme de 2 000 € par l’un des candidats au projet : DK4Wind. Mais le projet était assez flou, avec une zone peu visible plutôt au large de Bray-Dunes, et des éoliennes d’une hauteur classique.

Mais lorsque j’ai vu les simulations visuelles du projet avec 46 éoliennes à plus de 300 m de haut, je ne vous cache pas que j’ai véritablement halluciné ! Je me suis dit comment des promoteurs peuvent à ce point dénigrer des habitants ? Comment les élus ont-ils pu laisser imposer un changement de paysage aussi radical sur la station balnéaire de Malo-les-bains, avec un Hôtel Grand Luxe en construction ? Que va devenir la plus belle plage du Nord ?

Je me suis alors rendu sur le site Dunkerque Eolien en Mer, la page Youtube de Débat Dunkerque Eolien et à la deuxième réunion de débat public ayant pour thème : Financement/retombées/fiscalité/économie/emplois/formation. Ceci afin de répondre aux nombreuses questions que je me posais.

  • Qui a décidé de ce projet ? Le gouvernement dans le but officiel de développer les énergies renouvelables en France.
  • Pourquoi l’implantation de ce projet face aux plages des Dunes de Flandre (Malo-les-bains, Leffrinckoucke, Zuydcoote et Bray-Dunes) ? Pourquoi pas plus à l’Est, face à toute la zone industrielle de Dunkerque allant jusqu’à Gravelines ? La Direction Régionale Environnement Aménagement Logement (DREAL) a répondu que cela risquait de perturber trop fortement les allées et venues vers le port de Dunkerque. Le choix est donc fait de privilégier les échanges commerciaux au détriment des habitants, voir du tourisme …
  • Pourquoi les habitants n’ont pas été consultés sur ce projet ? Le promoteur rétorque que le projet a été construit avec  les représentants locaux et associatifs. En effet les décideurs locaux, les associations de pêche, et la SNSM ont bien été consultées. Elles toucheront des indemnités compensatoires annuelles. D’où le silence de leurs côtés …

  • Le projet peut-il être avorté si les habitants se positionnent CONTRE le projet ? J’ai posé cette question à Dominique SIMON de la Commission Nationale de Débat Public (CNDP) qui m’a répondu que la commission n’avait pas le pouvoir de stopper le projet, et que sa mission s’arrêtait à la rédaction d’un document de synthèse qu’elle remettra au maitre d’ouvrage à la fin des réunions. Puis seul le maitre d’ouvrage prend la décision de stopper, ou de poursuivre le projet. Je pose alors la question au maître d’ouvrage représenté par Xavier Arnould : êtes-vous prêt à stopper le projet si vous rencontrez une forte opposition au cours des réunions de débat public ? Sa réponse fut très claire : NON. Je me demande alors à quoi servent toutes ces réunions de débat public, et pourquoi l’état dépense autant d’argent pour le CNDP (emplois, coût des réunions). Pour au final laisser la décision au maître d’ouvrage …
  • Est-il possible de mettre en place un RÉFÉRENDUM pour les habitants de la CUD, voir des Hauts-de-France qui profitent tout au long de l’année de la plus belle plage du Nord ? Je pose cette question à Dominique SIMON représentant le CNDP qui me répond NON, ce n’est pas prévu à la fin des réunions. Fin du débat !
  • Un projet alternatif d’autonomie énergétique pour les particuliers au sein de la CUD est-il possible ? Le coût de 1,4 Milliard du projet – coût qui va forcément augmenter au vu de l’expérience des autres projets éoliens off-shore – ne peut-il pas plutôt être redirigé vers l’amélioration de l’habitat des habitants de la CUD, par le financement d’isolation ou de panneaux solaires ou autre recherche d’autonomie énergétique, plutôt que de renforcer notre dépendance à une nouvelle centrale ? Dominique SIMON me répond que ma question est pertinente et qu’elle mérite d’être posée. Mais cela s’arrête là. Une énième question qui sera ajoutée au dossier du CNDP, dont le maître d’ouvrage ne tiendra pas compte.

Un projet alternatif

En voyant le schéma de production de l’énergie et son acheminement pour le projet éolien en mer de Dunkerque, je me dis qu’en réfléchissant bien, (oui je sais c’est pas facile pour nos élites en ce moment de bien réfléchir !) il y a forcement moyen de réduire les coûts de production de l’énergie.

Pourquoi le consommateur ne pourrait-il pas produire lui même son énergie ? Vu que le citoyen français s’appauvrit de plus en plus, l’état ne pourrait-il pas l’aider à mieux isoler sa maison, à installer des panneaux solaires, ou des mini-éoliennes ? Pourquoi ne pas équiper tous les bâtiments publics et entreprises en équipements de production énergétique ?

Une multitude d’unités de production interconnectées

L’idée serait donc, au sein de la CUD de construire une ou plusieurs usines de production d’équipements producteurs d’énergie, comme les panneaux solaires. D’inciter fortement tous les habitants à mieux isoler leur maison, à s’équiper en panneaux solaires par exemple, à équiper également les bâtiments publics ou les entreprises à produire leur propre énergie (ce qui est plus facile dans ce cas là, car la production solaire correspond le plus souvent au temps de travail des citoyens), et de relier l’ensemble au réseau déjà existant, et déjà connecté à une centrale nucléaire (Gravelines).

Bref l’idée serait de créer non pas une centrale, mais une multitude d’unités de production interconnectées (comme internet) avec une centrale peu éloignée. Cette centrale étant la plupart du temps déjà existante. Comme dans tous les domaines, essayons d’être autonome et indépendant en matière d’énergie, en réduisant au maximum le circuit de : production – transport – consommation. De nombreux « collectifs d’énergie citoyenne » voient le jour. En effet, comme pour Dunkerque LNG, « Dunkerque Eolien en Mer » n’est pas à l’abri de devoir revendre son site de production à une société étrangère ou multinationale. Libre à lui ensuite de fixer son tarif de vente, et de choisir ses employés.

Un référendum

Face à ces questions de véritable changement de paysage face à la mer, mais aussi face aux questions du choix de nos énergies pour l’avenir, il me semble important que les habitants de la CUD, voir des Hauts-de-France puissent choisir de mettre en place un projet ou pas, grâce à un référendum. Informer aux frais du contribuable c’est bien, mais pouvoir choisir ensuite c’est mieux.

Vous l’aurez compris je suis plutôt CONTRE ce projet, essentiellement pour, au moins, 4 raisons :

  1. Il va profondément et durablement changer le paysage de notre plage.  Et je ne me sens pas de laisser à ma fille un paysage défiguré, sans avoir fait le maximum pour empêcher cela.
  2. Le promoteur compte installer le projet dans une Zone de Protection Spéciale (ZPS) Natura 2000. Une aberration totale !
  3. Ce modèle énergétique basé sur la production d’une méga centrale que ce soit nucléaire, au charbon, à gaz ou éolien a montré ses limites avec la mondialisation. Il me semble qu’il est temps aujourd’hui de rendre autonome en énergie (ou au moins limiter au maximum la dépendance) toutes les habitations ou bâtiments. Orientons nous vers des petites cellules de production favorisant les circuits courts à tous les niveaux. Faisons en sorte que chaque maison ou bâtiment puisse produire de l’énergie, récupérer de l’eau de pluie, produire des fruits et légumes, etc. Ceci afin de limiter au maximum notre dépendance.
  4. Enfin, parce que ce projet s’inscrit, selon moi, dans une politique de dilapidation des biens publics de la part de nos derniers dirigeants. Comme ce fut le cas pour les autoroutes, certains aéroports, la Française Des Jeux, et plus récemment et localement Dunkerque LNG, l’état prend le plus souvent à sa charge les chantiers colossaux de construction, les gère dans un premier temps par une entreprise publique (ou presque, EDF appartient à l’état à plus de 80%), puis les revend ensuite à des multinationales, dans des conditions de plus en plus opaques. Ceci d’autant plus avec les dernières lois sur le secret des affaires. Argument qui a été prononcé à un moment de la réunion par la commission de régulation de l’énergie (CRE).

Alors si vous aussi, vous avez l’impression d’être le dindon de la farce, AGISSEZ ! Exigez un référendum ou une votation, ou essayez d’être actif à votre propre niveau. Attention je n’essaye pas d’imposer mon vue, mais il me semble important que sur ce type de projet, les habitants puissent être bien informés, mais surtout choisir eux même de l’avenir de leur cité, plutôt que de laisser ce choix aux décideurs ou à des entités facilement corruptibles.

Pétition pour un référendum sur le projet "Eolien en Mer de Dunkerque"

Signez la pétition !

Vent Debout CONTE le projet "Eoliennes en Mer de Dunkerque"

Vous souhaitez vous aussi un référendum ou une votation, alors informez vous sur le projet et abonnez-vous à la page. Vous souhaitez aider le collectif ? Alors inscrivez-vous en ligne sur leur page.